Le Petit Prince pour le Bocuse d’Or 2017

le 11 janvier 2017

Après « Dessine-moi un mouton », ce sera « dessine-moi un végétal »: le chef étoilé Laurent Lemal va présenter une vision culinaire de l’oeuvre d’Antoine de Saint-Exupéry lors de l’édition mondiale du Bocuse d’Or en janvier à Lyon.

« Ce sont les 70 ans du Petit Prince, le livre le plus vendu dans le monde après la Bible. Avec mes plats, vous verrez: ce sera dessine-moi un végétal », explique le chef du restaurant La Coopérative à Bélesta (Pyrénées-Orientales).

« Moi, j’ai toujours été un passionné de Saint-Ex. Aujourd’hui, je le lis à mon fils (7 ans). Plus tard, ce sera à ma fille (9 mois) », ajoute le représentant de la France à ce concours et l’un des 24 jeunes chefs mondiaux qualifiés. Compétition bisannuelle, le Bocuse d’or constitue les « Jeux olympiques de la gastronomie », dixit Franck Putelat, double étoilé à Carcassonne et coach de Lemal pour ce concours très relevé. Lors de cette épreuve, les 24 et 25 janvier, les concurrents ont six heures pour « envoyer » deux plats aux quatorze membres du jury. Lesquels’ Secret défense. « L’espionnage industriel existe. On se méfie », explique François Adamski, Bocuse d’Or 2001 et président de la « Team France » montée autour de Lemal. Rien ne sera divulgué sur les préparations françaises. L’équipe tricolore se contente de rappeler les exigences de l’organisation: une assiette végan avec des produits à choisir parmi les 146 d’un catalogue et une interprétation du poulet de Bresse aux crustacés.

Ce plat de volaille, « c’était l’une des spécialités de Paul Bocuse », l’initiateur du rendez-vous gastronomique créé en 1987, souligne Lemal, disciple d’Alain Ducasse, admettant qu’il restera « proche de la recette originale », à savoir avec « des écrevisses ». Quant aux végétaux, il en prendra « une dizaine ». « On peut promouvoir deux produits supplémentaires de son pays. Les miens seront catalans », précise ce ch’ti, né près de Douai. « La victoire sera compliquée » car la France, victorieuse de 7 des 15 précédentes éditions, est toujours « l’équipe à abattre », prédit Lemal, espérant avec son thème « toucher le petit cœur des grands cuisiniers-jurés ». Depuis sa qualification grâce à son succès au Bocuse d’Or France en 2015, suivi en mai dernier à Budapest de sa 4e place (sur 22) au Bocuse d’Or Europe, prix spécial viande, Lemal travaille comme un fou. Ingrédients, recettes, présentation, forme des plats que confectionnera un artisan d’art…: il ne laisse rien au hasard avec ses collègues de la « Team France », des grandes toques, certains ex-vainqueurs et multi-étoilés.

Extrait – AFP